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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 17:54

En 1870, l’année suivant l’ultime aventure de Lecoq, Gaboriau écrit et fait paraître son roman suivant, La vie infernale. Comme pour les précédents, on le lit d’abord dans “Le petit journal” puis aux éditions Dentu.

Pour passer à autre chose, s’évader de la série qui l’a rendu célèbre, Gaboriau n’abandonne pas son univers. Il convoque dans cette nouvelle fiction deux des protagonistes de son œuvre la plus singulière dans la série des Lecoq, Les esclaves de Paris. La présence de ces deux personnages secondaires nous éclaire sur le sujet de sa nouvelle œuvre, un coup monté mis en place et destiné à flouer des innocents par appât du gain, de cet argent qui fait tourner La vie infernale Partie 1 (Dentu, 1869)les têtes depuis bien des années. Un coup monté avec secrets inavouables à l’appui, dans cette aristocratie dont Gaboriau est devenu le spécialiste.

 

L’histoire débute avec le retour de comte de Chalusse dans son hôtel particulier. Un cocher donne l’alerte, le richissime comte est au plus mal, les domestiques l’emportent dans son lit. On va chercher un docteur, même si la vie de l’homme semble bel et bien en train de s’achever. Mlle Marguerite, l’autre maîtresse de maison, le veille.

Informé par Victor Chupin de l’événement, le Victor Chupin que nous avions déjà croisé dans le roman précédent, Monsieur Lecoq, Isidore Fortunat, homme exerçant le métier de prêteur, est affolé. L’affaire qu’il montait avec le marquis de Valorsay paraît bien mal embarquée. Pourtant, même le marquis avait mis toutes les chances de son côté, allant jusqu’à se débarrasser d’un rival, Pascal Férailleur, au moyen d’un plan qui affole jusqu’à Fortunat, pourtant peu porté sur la morale.

Mais Fortunat a plus d’une corde à son arc, outre le métier de prêteur, il s’est également fait chasseur d’héritage et c’est en le découvrant que l’on comprend pourquoi il se rend au-delà de la barrière, chez les Vantrasson dont la femme fut la domestique du comte. Il apprend ainsi l’histoire de la sœur du comte, disparue il y a bien des années, dans la honte…

La morale est mise à mal par Fortunat et Valorsay, aidés en cela par un certain Fernand de Coralth. On assiste notamment à une exécution particulièrement efficace, une exécution mettant à bas une réputation tout juste en train de se faire… L’appât du gain ne va pas avec l’honnêteté et certains milieux, certains cercles se révèlent plein de pouvoirs pour jeter au ban de la société des innocents bien trop naïfs. Parmi eux, celui qui se réunit pour jouer chez Lia d’Argelés, demi-mondaine.

On eût dit qu’on célébrait dans ce salon les rites bizarres de quelque culte mystérieux. Le jeu n’est-il pas une idolâtrie consacrée par l’estampille du valet de trèfle, dont les cartes sont le symbole, qui a ses images et ses fétiches, ses miracles, ses fanatiques et ses martyrs.

 

Pascal et Marguerite, les deux personnages qui donnent son sous-titre à la première partie du roman, sont bien mal embarqués. L’un ayant perdu sa réputation naissante, l’autre son tuteur et la fortune dont certains la voyaient déjà hériter. Mais les alliances sont bousculées par les événements et quelques personnages se montrent prêts à les aider, un juge de paix, un baron joueur invétéré, … A cela s’ajoute une certaine force de caractère et de sentiments. La vie infernale Partie 2 (Dentu, 1869)Nous assistons à la redistribution des cartes et à la lutte qui se met en place puis est livrée.

La Sûreté n’a pas sa place dans le roman. Les motivations des personnages, l’explication de l’histoire, ne peut plus se faire au travers d’un retour en arrière, comme dans les opus précédents. Cette fois, Emile Gaboriau nous les livre au gré de l’intrigue, sous la forme de confidences ou de brève évocation du passé des personnages. Pour les familiers de l’œuvre du romancier, certains personnages n’ont pas besoin d’être approfondis, tant nous les avons précédemment suivis… tant nous connaissons les tristes motivations qui les guident.

Un Parisien qui aurait l’absurde prétention de ne donner la main qu’à des irréprochables risquerait certains jours de se promener des heures entières sur le boulevard sans trouver l’occasion de sortir ses mains de ses poches.

Nous sommes en terrain familier, nous connaissons ces personnages qu’on nous décrits car ils sont mus par les mêmes préoccupations que leurs prédécesseurs dans son œuvre.

Gaboriau a évolué, peut-être lassé comme je l’avais été par une construction trop systématiquement identique de ses intrigues. Il développe cette fois son histoire de manière plus linéaire, la deuxième partie, qui jusque là consistait en un long retour sur ce qui avait précédé les événements racontés en première partie, n’est plus une justification mais le lieu de l’affrontement amené par la première partie. Il n’y a plus d’enquête mais la vaste descente, la déchéance, de personnages sans scrupule. Et la lutte de ceux qui sont purs et victimes. Les points de vue alternent et donnent un autre rythme à l’intrigue. Le temps devient extensible, semblant durer deux jours pour les uns et plusieurs semaines pour les autres. En passant d’un personnage à l’autre, d’un point de vue à l’autre, nous effectuons quelques retours en arrière et voyons un événement sous un autre angle. Nous le comprenons mieux que les divers protagonistes… La galerie de personnages est riche et intéressante.

Bref, c’est un roman plein de vie, parfois surprenant, digne de ces romans dits populaires et qui paraissaient dans les journaux, en épisode, tout comme ceux qui sont devenus des classiques, étudiés pour les examens et par les universitaires. C’est un roman qui précède les romans policiers classiques et dont le suspens n’est pas la préoccupation première de l’auteur, ainsi, le dénouement est rapide, quelques pages. Il est vrai que sa préparation nous a été si bien décrite qu’on le connait déjà avant de l’avoir lu…

 

Gaboriau invente encore, approfondit ce genre dans lequel il s’est engouffré depuis L'affaire Lerouge. Et il continue toujours au même rythme, celui des parutions du Petit Journal. Dans lequel son roman suivant, La clique dorée, va être également publié.

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 14:20

C’est en 1869 que Monsieur Lecoq d’Emile Gaboriau paraît dans Le Petit Journal. Il s’agit du cinquième roman policier de l’écrivain, le troisième et demi mettant en scène Lecoq… Troisième et demi car, simple figurant dans le premier, L’affaire Lerouge, il n’apparaît que dans les dernière pages du précédent, Les esclaves de Paris.

 

L’univers de Gaboriau est en place, le cercle fermé de ses personnages forme un petit monde où s’ébattent les nouveaux venus. On croise la marquise d’Arlange, les Réthau de Commarin sont évoqués, dans ce roman partant d’un fait divers qui trouvera sa source dans les luttes de la noblesse du XIXème siècle. Gaboriau se penche sur ces privilèges qui, bien qu’abolis depuis une certaine nuit d’août, continuent d’être l’apanage d’une frange de la population de son époque. Au mépris du reste de la population et au gré des soubresauts de l’histoire et du pouvoir…

 

Tout commence par une nuit d’hiver à la limite de Paris. Dans un de ces quartiers où règnent les malfrats et autres repris de justice. Dans les premiers chapitres, le romancier nous décrit l’ambiance autour de la porte d’Italie à la suite d’une ronde des forces de l’ordre. Une atmosphère comme il sait si bien les décrire, une ronde que l’on a l’impression de vivre de l’intérieur. Cette ronde est commandée par une vieille connaissance, croisée dès le premier roman Monsieur Lecoq tome 1 (Dentu, 1869)judiciaire de l’auteur, l’inspecteur de la Sûreté Gévrol. Alors qu’avec ses hommes, il effectue le circuit habituel, des cris puis des coups de feu sont entendus. La troupe se déplace jusqu’à l’origine des bruits et débarque sur une scène devenue scène de crime. Un forcené s’est fait un rempart d’une table renversée alors que trois corps sont étendus dans le bouge de la veuve Chupin appelé La poivrière. L’un des policiers accompagnant Gévrol fait alors preuve d’une grande capacité de réaction en contournant la maison pour prendre l’homme barricadé à revers, il prouve encore son intelligence et son esprit de déduction en mettant en doute les déductions tirées des évidences collectées par son chef et que ce dernier s’empresse d’entasser pour résoudre l’affaire en deux temps trois mouvements… Faisant sienne une maxime que ne démentira pas Sherlock Holmes quelques années plus tard :

"En matière d'information, se défier surtout de la vraisemblance. Commencer toujours par croire ce qui paraît incroyable."

Le jeune policier demande à rester sur place tandis que le reste de la troupe emmène le suspect et part prévenir les autorités judiciaires. Nous assistons alors à la recherche d’indices et à l’épanouissement d’une grande intelligence qui n’est autre que celle de Lecoq. Un Lecoq d’avant celui que nous avons suivi jusqu’ici, un Lecoq devant encore faire ses preuves et qui voit dans cette affaire l’occasion de prouver ses grandes aptitudes de policier, à la manière de Fanferlot au début du Dossier 113.

Contrairement à Fanferlot, Lecoq, malgré sa jeunesse et son inexpérience, mène une enquête rigoureuse mais la partie n’est pas facile. Le coupable des meurtres, celui que grâce à lui la police a capturé, garde son identité secrète. Ou plutôt, celle qu’il donne comme sienne ne parvient pas à convaincre ni Lecoq ni Gévrol. Gévrol voit en lui un criminel chevronné quand Lecoq le soupçonne d’être d’une bien plus haute extraction que celle de saltimbanque qu’il affirme être la sienne… Et son nom, Mai n’est pas plus convaincant pour l’enquêteur de la Sûreté. Mais comment savoir qui il est ? Lecoq va imaginer bien des stratagèmes, avec l’assentiment du juge chargé de l’enquête, M. Segmuller, juge ayant pris la suite du premier, d’Escorval, malencontreusement blessé à la suite d’une chute.

Comme à son habitude, Gaboriau nous détaille l’enquête, les atermoiements des enquêteurs, leurs questionnements. Il nous présente un autre aspect des difficultés de la justice, l’identification d’un suspect…

Au final, Lecoq parvient à ses fins, l’identification, mais n’en est pas plus avancé, doutant même de ses déductions, au point de faire appel à celui qu’il considère comme son mentor, le père Tabaret dit Tirauclair, celui-là même qui menait les investigations dans L’affaire Lerouge. Tabaret pointe deux ou trois erreurs dans l’enquête mais, en même temps, adoube Lecoq…

 

Pour confondre son suspect, il lui faudra, il nous faudra, une nouvelle fois remonter aux racines du fait divers, comprendre ce qui a motivé le carnage en revenant dans le passé. Nous passons, en quelque sorte, du roman policier au roman noir, de l’histoire d’un crime et de l’enquête qui suit à celle d’un enchaînement d’événements qui font plonger certains personnages, qui mènent à une chute, un crime. Après une première partie intitulée L’enquête et formant originellement le premier tome d’un diptyque, nous voici plongés dans une histoire commençant en 1815 quand ceux qui ont soutenu l’Empereur voient revenir au pouvoir les tenants d’une monarchie sur le retour, un temps où deux noblesses s’affrontent. Et où les privilèges et le mépris du peuple sont toujours l’apanage de certains, ceux sur lesquels Gaboriau aiguise sa plume.

Le duc de Sairmeuse et son fils, le marquis donc, sont de retour pour reprendre possession d’un château qui a été vendu bien des années plus tôt par la république, comme bien national. M. Lacheneur, sous l’insistance de sa fille, lui rend les terres qui appartenaient à la famille de Sairmeuse et dont il était devenu le propriétaire légal… Lacheneur redevient du même coup un simple quidam, sa fortune n’existant plus. Maurice d’Escorval qui voulait épouser la fille de Lacheneur voit son rêve repoussé et les animosités, les ressentiments, naissent…

Après une certaine rigidité de la noblesse et sa maladresse face à des sentiments, après ses inconséquences conduisant à l’appauvrissement et la soif d’argent à tout prix, après le crime s’organisant autour des faiblesses et des secrets des anciens tenant du pouvoir, Gaboriau pointe une nouvelle tare de la noblesse. Mais il traite aussi et comme avant de tout ce qu’il avait déjà évoqué, reproché à ces héritiers de temps révolus.

Il le traite sous la forme d’un mélodrame, où les passions sont portées à un point d’incandescence, violentes, emportant les êtres les plus raisonnables dans des actes dépassant la raison…

Cette seconde partie qui, au fur et à mesure des romans, a pris de l’ampleur éclipsant presque la première, celle de l’investigation, tend, comme je l’ai dit plus haut, vers le mélodrame, le roman noir. Des événements entraînent les personnages toujours plus loin, exacerbent les ressentiments. On perçoit une évolution possible, naturelle, pour l’écrivain… Son personnage d’enquêteur n’a, dès lors, plus forcément lieu d’être, Lecoq s’éclipse sur une dernière enquête, la première, en fait. Celle qui lui vaudra d'être désormais appelé "monsieur".

 

En cinq romans judiciaires, Gaboriau a exploré un genre naissant, il a exploré les passions qui peuvent pousser au crime en s’intéressant, dans un premier temps, à l’enquête puis à ce qui peut pousser un être humain au crime. Bien que faisant toujours parti du roman populaire, c’est un genre nouveau auquel l’écrivain a donné ses premières lettres de noblesses. Et comme pour devancer une évolution prévisible du genre, il va ensuite s’adonner à ce qui pourrait s’apparenter à du roman noir.

L’exploration de l’œuvre de cet écrivain au talent remarquable ne perd pas de son intérêt. Elle en est au contraire, si c’était nécessaire, relancée. Je la poursuivrai prochainement avec La vie infernale.

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 17:19

A la suite du Dossier 113, Gaboriau poursuit dans la veine des “romans judiciaires”, comme il les appelle. Les esclaves de Paris paraît dans Le Petit Journal durant l’année 1867 et se poursuit en 1868.

 

Dans les premières pages nous sont présentés certains protagonistes de l’histoire, Rose Pigoreau et Paul Violaine, deux amants venus chercher fortune à Paris, y ayant trouvé le dénuement et logeant dans un hôtel borgne, l’Hôtel du Pérou, le père Tantaine, leur voisin, Baptistin Mascarot, un placier pour gens de maison, le docteur Horbizet, son Les esclaves de Paris (Dentu, 1868)complice, et bien d’autres… Alors que nous parcourons la description de ces différents personnages, la première énigme qui nous trotte dans la tête est de savoir quand Lecoq, l’agent de la Sûreté va apparaître. C’est même de savoir s’il ne se cache pas derrière l’un ou l’autre de ces individus, expert qu’il est en déguisements de toutes sortes.

Bien vite, l’intrigue prend le dessus. Nous assistons en effet, dans la première partie, à la mise en place d’un coup. Ce n’est pas l’histoire d’un braquage mais celui d’un chantage qu’ourdissent B. Mascarot et ses complices. Un chantage qui nécessite d’abord de placer ses pions dans les endroits stratégiques, de modifier certains événements pour mieux les maîtriser. Le jeune Paul Violaine fait partie du tableau, il faut l’y faire entrer. Et les pièces se mettent en place. A la manière d’une enquête de Lecoq où la résolution ne suffit pas, où il faut que le coupable tombe sans coup férir, ceci nécessitant l’exécution d’un piège, nous assistons à la mise en place d’un traquenard pour mieux faire tomber l’argent dans l’escarcelle des maîtres-chanteurs. Maîtres-chanteurs qui opèrent sous couvert d’honorables entreprises, de places reconnues dans le petit monde parisien… Ils opèrent en utilisant les secrets cachés des grandes familles, les Mussidan, les Champdoce, Bois-d’Ardon et autres. Ils opèrent en utilisant les sombres côtés de la nature humaine qui ont entraîné les uns et les autres dans des aventures qu’ils aimeraient tant ne pas avoir vécues, dont ils se sont repentis trop tard. Des mésaventures qui pourraient entacher l’honneur d’un nom, dont le secret peut se négocier à prix d’or, passions cachées, coups de colère meurtriers… Ayant accumulé les secrets, B. Mascarot et ses complices se lancent dans le chantage qui pourraient leur permettre de se retirer. Ils tirent les ficelles qu’ils ont laborieusement déroulées, attachées, ils resserrent la toile qu’ils ont patiemment tissée. Utilisant les uns pour mieux atteindre les autres.

B. Mascarot apparait alors comme le reflet malfaisant de Lecoq. Il a mené l’enquête et, pour que nous saisissions l’histoire dans son ensemble, que nous embrassions l’intrigue pleinement, il se fend d’un retour en arrière dans la deuxième partie du roman. Un retour aux origines du plan qu’il a patiemment conçu. Ce retour en arrière peut rappeler celui du Dossier 113, le précédent roman de Gaboriau, quand le résultat des investigations de Lecoq nous est rapporté.

 

La mise en place du chantage et son origine constituent deux histoires, deux parties, presque distinctes. Ce procédé répétitif demande au lecteur d’accepter de passer d’une intrigue à une autre, la deuxième ayant été déjà partiellement éventée par la première. Dans les deux romans précédents, ceux où il avait utilisé le même procédé, cela ne m’avait pas pesé. Cette fois, j’ai eu un peu de mal à passer d’une partie à l’autre… Peut-être parce que le mal expliqué par le mal, le vice s’appuyant sur d’autres vices ou des erreurs, cela fait redondance. Peut-être parce que j’avais apprécié la manière de Lecoq de faire justice quand, là, il ne s’agit que d’expliquer comment commettre un crime… Et qu’il est bien difficile de s’attacher à l’un des personnages. Peut-être… Mais, la deuxième partie finit également par être prenante, avant tout grâce au duc de Champdoce, seul personnage mut par ses sentiments, des sentiments authentiques. Mais celui qui domine l’ensemble, face à Mascarot, est André, jeune peintre, sculpteur-ornemaniste, enfant abandonné ayant réussi à se forger une place par sa volonté, son talent… Il va s’employer à lutter contre le complot qu’il perçoit. Et dont il pourrait être la principale victime…

 

Avec ce quatrième roman judiciaire, Gaboriau aborde un genre proche de ce que nous appelons désormais le thriller. En effet, plusieurs personnages sont suivis au cœur d’une même intrigue. Ce ne sont pas des histoires parallèles mais bien des pièces d’une seule et même intrigue. Le suspense est de mise, les rebondissements, le rythme sont sûrement également dû à ce qu’il s’agit d’un feuilleton, genre nécessitant de donner envie de tourner les pages, pour la prose et surtout par curiosité… Et c’est ce que flatte Gaboriau, notre curiosité.

Par contre, il ne flatte toujours pas l’aristocratie. Inadaptée au monde en évolution du second empire, attirant pourtant encore les convoitises. Engoncée dans ses désirs de pureté, de ne pas se commettre avec les autres castes, de préserver un nom et de gagner sa vie avant tout par le jeu des alliances. Et de la spéculation bien qu’elle ne porte pas encore ce nom. Tout cela dans l’univers qu’il a construit depuis quatre romans, on croise les noms de Commarin, d’Arlange, de Trémorel ou de Jenny Fancy, au gré des pages.

 

Cet univers continue d’exister dans son roman suivant, l’ultime mettant en scène l’agent de la Sûreté, Lecoq.

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 17:23

Le troisième roman policier de Gaboriau paraît au cours de l’année 1867. C’est bien au cours de l’année qu’il paraît puisqu’il s’agit, comme pour les deux précédents, d’un feuilleton publié dans Le Petit Journal. Il s’intitule Le dossier 113 et nous emmène une nouvelle fois à la suite de Lecoq, l’agent de la Sûreté.

 

Un vol a eu lieu dans l’une des banques les plus connues de Paris, la banque Fauvel. Le butin se monte à 350 000 francs, une véritable somme pour l’époque. Seules deux personnes possédaient la clé du coffre, le caissier et le banquier. Le banquier prouvant qu’il n’a pu commettre le vol, le caissier est embarqué… Mais cette résolution expresse Le dossier 113 (Dentu, 1867)ne satisfait pas le policier chargé de l’affaire, Fanferlot. Ce dernier voit dans cette enquête la possibilité de se mettre en avant, il va donc mener ses propres recherches en parallèle, ne dévoilant qu’une partie de ses découvertes au juge d’instruction… Fanferlot doit toutefois se rendre rapidement à l’évidence, il n’est pas de taille à mener à bien son projet et doit se résoudre à tout confesser à son patron, Lecoq. L’enquête prend alors un autre rythme, une autre tournure, Lecoq se déguise en M. Verduret, un ami du père du caissier, Prosper Bertomy, et mène l’enquête avec ce dernier. Il envoie, auprès des différents protagonistes de l’histoire, des personnes chargées d’espionner pour son compte, les mailles du filet sont en place.

Ce vol cache une histoire autrement plus grave, un crime particulièrement élaboré… Et Verduret veut le comprendre complètement, en percevoir les tenants et les aboutissants, cherchant à réparer, si possible, les torts faits aux victimes. Cherchant surtout à voir au-delà des évidences, à mettre au jour le véritable crime.

 

C’est dans l’ombre des familles, souvent à l’abri du code, que s’agite le drame vrai, le drame poignant de notre époque ; les traîtres y ont des gants, les coquins s’y drapent de considération, et les victimes meurent désespérées, le sourire aux lèvres…

 

Gaboriau s’attache une nouvelle fois, tout comme Lecoq-Verduret, à comprendre les origines du crime. Une grande partie du livre est consacrée à la description des racines de ce vol qui va défrayer quelques temps la chronique judiciaire parisienne. Et c’est un procès contre une certaine aristocratie qui est une nouvelle fois mené, un procès contre l’aristocratie et donnant le beau rôle à la bourgeoisie, celle qui travaille. Car une certaine aristocratie n’a pas abandonné ses prétentions sans avoir toutefois accepté l’évolution de la société, une évolution qui veut que les rentiers ne peuvent plus l’être très longtemps s’ils ne se décident pas à changer de train de vie et condescendre à quitter le piédestal sur lequel ils estiment être toujours. C’est une société en mutation que nous décrit Gaboriau, une société où les anciens privilèges se perdent, usés jusqu’à la corde par des personnes sans compassion pour leur prochain, pour ceux qu’ils considèrent comme inférieurs. Des aristocrates qui s’entredéchirent dans le même temps…

Au travers des familles Clameran et Verberie, c’est toute cette aristocratie désuète qui nous est décrite. Des familles qui préfèrent encore se débarrasser de ceux qui auraient perçu l’évolution nécessaire, qui s’y seraient engouffrés.

 

Gaboriau nous offre un roman à la construction proche du précédent, cherchant l’explication des actes de chacun dans ce qu’ils ont pu vivre. Mais il n’épargne pas non plus les esprits malades, tordus, ne voyant la solution à leurs problèmes que dans l’escroquerie, comme si l’aristocratie avait toujours vécu de ce genre d’expédient, sur le dos du pauvre bougre qui s’échine au travail.

Gaboriau nous offre un roman ayant peut-être parfois les défauts de son genre, le feuilleton. Il y a certaines longueurs, on pourrait parfois ressentir une certaine lassitude, mais l’intrigue bénéficie d’une grande force et d’une grande capacité à nous captiver. A nous faire tourner les pages pour savoir ce qu’il va advenir de tel ou tel.

Et puis, le romancier relance notre intérêt pour son personnage récurrent en nous lâchant une bribe de son histoire personnelle, intime, à la toute fin de cette nouvelle intrigue. Lecoq éprouverait des sentiments !

 

En saurons-nous plus sur ce limier hors pair, cet as du déguisement, qu’est Lecoq dans les deux opus restants de la série ? Il ne nous reste plus qu’à les ouvrir pour le savoir. En commençant par le suivant, Les esclaves de Paris...

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 21:02

Le deuxième roman policier de Gaboriau commence à paraître en 1866, l’année du succès de la nouvelle publication de ses premiers pas dans le genre. Un genre qui n’existe pas encore et dont il est l’un des précurseurs. Ce nouveau roman qui paraît d’abord en feuilleton dans Le soleil, comme le précédent, et dans Le petit journal, est intitulé Le crime d’Orcival.

 

Tout commence avec la découverte du corps de la comtesse Berthe de Trémorel par deux braconniers, Jean Bertaud dit La Ripaille et son fils, Philippe. Après quelques hésitations, ils vont signaler leur découverte au maire d’Orcival dont dépend la propriété du Valfeuillu où habitait la défunte et où son cadavre gît, dans une mare.

Le crime d'Orcival (Dentu, 1865)M. Courtois, le maire, s’empresse de prévenir le juge de paix, le père Plantat, et se rend dans la demeure en attendant le juge d’instruction, M. Domini. Un policier est envoyé chercher à la préfecture de police de Paris, rue de Jérusalem, pour mener l’enquête. Le temps qu’il arrive, les premiers indices ne laissent pas la place au doute, il y a eu effraction et assassinat du comte et de la comtesse par les malfaiteurs alors que les maîtres de lieux étaient seuls, leurs domestiques partis à la noce de l’ancienne cuisinière du domaine. L’un d’entre eux devient le suspect numéro un, Guespin… Alors que l’on recherche encore le corps du comte, Lecoq, agent de la sûreté, débarque et commence ses investigations.

L’apparence de Lecoq quand il arrive n’a rien de celle que l’on attendrait d’un agent de la sûreté mais certains indices laissent à penser qu’il ne s’agit pas véritablement de la sienne, juste d’un accoutrement emprunté, destiné à tromper les autres. Lecoq débarque et, même s’il apparaissait brièvement dans le précédent roman, on le découvre véritablement. Il considère le père Tabaret, celui qui menait l’enquête dans L’affaire Lerouge, comme son maître et effectivement, il inspecte les lieux du crime comme son mentor, ne laissant rien lui échapper, scrutant les moindres recoins. En quelques pages, nous comprenons qu’il s’agit d’un adepte de ce que sera la police scientifique par la suite. Et d’un adepte du déguisement, son apparence changeant en permanence. Mais il s’agit surtout d’un policier hors pair, à l’esprit aiguisé, à la motivation inébranlable. Aux méthodes réfléchies, ne laissant rien au hasard.

 

Voyons donc […] comment je dois m’y prendre pour arriver à découvrir la conduite probable d’un homme dont les antécédents me sont connus ? Pour commencer je dépouille mon individualité et m’efforce de revêtir la sienne. Je substitue son intelligence à la mienne. Je cesse d’être l’agent de la Sûreté, pour être cet homme, quel qu’il soit.

 

Et, en effet, il ne lui suffit que d’une dizaine de pages pour débrouiller le mystère. Car contrairement à son feuilleton précédent, Gaboriau ne s’intéresse pas tant à la marche de la justice, dans cet opus, qu’aux événements et à leur enchaînement conduisant un être humain au crime. Au travers de l’histoire du meurtrier, nous sommes témoins de la lente dégringolade d’un homme, sa chute inexorable. Un destin auquel il semble ne pouvoir échapper… Un parcours qui mène au crime, inéluctablement. Un roman noir avant l’heure.

 

C’est que la logique de la vie, hélas ! enchaîne fatalement les unes aux autres toutes nos déterminations. C’est que souvent une action indifférente, peu répréhensible en elle-même, peut être le départ d’un crime.

 

Comme pour le roman précédent, nous sommes dans la noblesse, la bourgeoisie, celle des riches demeures et des gens de maison. Celle qui ne fraie pas avec le peuple ou qui s’en mord ensuite les doigts… Deux femmes sont l’image de ces risques à mélanger les milieux, les strates, les castes, Pélagie Taponnet, dite Jenny Fancy, et Berthe Lechaillu, devenue épouse Sauvresy (le mari comptant parmi ses relations le comte de Commarin, personnage central du roman précédent) puis comtesse de Trémorel. A l’instar du roman précédent, les femmes sont fortes, font faire aux hommes des folies. Presque malgré elles, à l’image de Laurence Courtois.

 

Après l’enquête et la recherche du coupable, les fausses pistes, les preuves cachées dans L’affaire Lerouge, cette fois, Gaboriau a bâti un roman mettant avant tout l’accent sur la trajectoire des personnages. Le mal naîtrait des circonstances…

Il continue à enrichir son univers dans le roman suivant, poursuivant les aventures de Lecoq.

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 11:16

Après plusieurs ouvrages décrivant la société de son époque et les gens qui la font, Emile Gaboriau abandonne un peu son côté chroniqueur, pour se lancer dans le roman. Le feuilleton. A la manière de Paul Féval dont il fut le secrétaire et peut-être même le nègre.

En 1863 selon les uns, en 1865 selon d’autres, paraît son premier roman dans le journal Le pays, sans grand succès. Il suscitera l’intérêt en paraissant de nouveau en 1866 dans Le soleil. Il y introduit, dans son envie de continuer à détailler la société, la description d’une enquête policière, c’est L’affaire Lerouge. Il ne s’en cache pas, il s’essaie à ce roman après avoir lu les nouvelles d’Edgar Allan Poe mettant en scène le chevalier Dupin. Et après la lecture du Jean Diable de Féval.

 

L’affaire commence par la découverte d’un corps, celui de la veuve Lerouge et suit, presque au gré du hasard, différents personnages impliqués dans l’intrigue. Ce sera tout d’abord Tabaret, dit Tirauclair, qui aide bénévolement la police, la rue de Jérusalem à l’époque. Il observe avec acuité la scène du crime, en tire des conclusions saisissantes et rapides. Plus rapides que celles des professionnels patentés, impressionnant en cela le juge d’instruction, L'affaire Lerouge (Dentu, 1865)Daburon. Par un heureux hasard, alors que le passé de la veuve Lerouge est plutôt flou, Tabaret découvre son histoire grâce à ses voisins… Voisins, dont le fils avocat a été victime d’une machination à la naissance. Nous suivons ensuite ce fils avocat pour revenir à Tabaret faisant la révélation de ses découvertes à Daburon, le juge. Juge qui se trouve également proche des protagonistes de l’histoire, ayant nourri des sentiments plus que profonds pour celle qui est la fiancée de celui qui a usurpé l’héritage de l’avocat et peut-être commis le meurtre…

Nous allons de rebondissement en rebondissement, suivant au gré du récit l’histoire de chaque personnage mêlé à l’intrigue de manière plus personnelle que d’ordinaire. Les chapitres alternent les points de vue. Suivant un protagoniste puis l’autre, puis encore un autre. Ce sont les pensées, les souvenirs, les sentiments, de ces personnages qui nous sont exposés. Ce sont les pensées de chacun, les tentatives de raisonnements objectifs parasités par des sentiments moins nobles, qui apparaissent au fil des pages. C’est aussi le cheminement de la justice avec ses défauts, ses contradictions. Le dilemme entre mener à bien et promptement une enquête et prendre le temps de la réflexion pour ne pas se laisser emporter par de trop faciles évidences. Chacun est confronté à ses contradictions sans s’en rendre compte, nous seuls, extérieurs, voyons les difficultés à mener rationnellement une enquête quand on s’y implique de manière très personnelle… prenant parti pour l’un ou l’autre. Même sans se l’avouer.

Le comte et le vicomte de Commarin, au cœur de l’intrigue, voient leur vie bouleversée, leurs relations remises en cause… Mais ils ne sont pas les seuls que cette enquête touche au plus profond, Daburon, le juge d’instruction, Tabaret, l’enquêteur hors pair admiré d’un personnage très secondaire, apparaissant à peine, Lecoq, ne sont pas non plus épargnés.

C’est, au final, le cours de la justice qui est remis en cause, cette justice faillible puisque menée par des hommes, aux prises avec leurs propres sentiments aussi bien que leurs convictions. Un questionnement plutôt qu’une remise en cause, un questionnement qui insiste sur l’interrogation suivante : pour cent coupables arrêtés et châtiés justement, peut-on accepter l’arrestation et la condamnation d’un innocent, un seul ? Est-ce un prix à payer et vaut-il de l’être ?

Comme le cours de la justice, les mœurs de l’aristocratie sont également disséquées, les grands principes des relations avec le reste de la société également…

Avec L’affaire Lerouge, Gaboriau a donc commis un roman policier, comme ceux que nous connaissons actuellement, remontant le fil d’une enquête, partant du meurtre et des premières constatations pour fouiller la vie des différents protagonistes et suspects. Un roman policier mâtiné d’étude de mœurs et lorgnant du côté de certains courants littéraires de l’époque comme le naturalisme. Tout ceci pour nous offrir une intrigue qui se lit avec une certaine avidité et une certaine curiosité, nous découvrons ou redécouvrons un monde, une époque, sous l’angle de ses travers…

 

Après ce premier succès, Gaboriau devient feuilletoniste et peut poursuivre l’œuvre qu’il vient d’entamer. D’autres enquêtes, d’autres romans, vont pouvoir voir le jour. Un personnage secondaire va venir sur le devant de la scène dès l’histoire suivante. Il deviendra récurrent.

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 15:31

Gaboriau est un nom que je connaissais. Un nom entendu ici ou là. Un nom que je ne parvenais pas à rattacher à l’un ou l’autre des courants littéraires qui ont nourri le XIXème siècle. Je ne savais pas de quelle teneur était son discours. Et puis, en flânant ici et là, j’ai croisé son nom un peu plus souvent. Il m’est vite apparu qu’il était un auteur important dans le domaine dont je parle plus particulièrement. Un auteur de littérature populaire, autre catégorie dans laquelle on range facilement tant de bouquins, genre qui m’intéresse plus particulièrement dans ce qu’il a pu faire pour l’accès de tout un chacun au livre, à l’écrit…

 

Comme je l’ai dit précédemment, j’ai pu accéder à l’œuvre d’Emile Gaboriau parce qu’elle est désormais passée dans le domaine public. Chacun peut s’en emparer, j’en ai profité. Elle est dans ce domaine public qui nous reste accessible… tandis qu’un autre est en train d’être privatisé, victime d’un copyfraud d’état… Lire le site de savoirs comm1 peut être intéressant sur le sujet. Et ça en particulier.

Profitons-en tant qu’on le peut, lisons et partageons les œuvres du domaine public !

 

Emile Gaboriau, même s’il fait l’objet de réédition régulière, reste un auteur dont les romans sont difficiles à dénicher. Il convient toutefois de saluer, comme me le rappelait Oncle Paul dans son commentaire de mon article précédent, les éditions Omnibus ou Galodé qui ont publié récemment certaines œuvres du romancier. De plus, et j’y reviens, en allant sur les librairies de vente en ligne, vous pouvez accéder à ses écrits sous forme numérique, gratuitement (domaine public oblige). J’ai donc pu lire la prose d’un auteur du XIXème, un Emile, presque précurseur du suivant (Zola) tant il a voulu décrire la société telle qu’elle existait, il a surtout détaillé les travers de ces nantis un peu dépassés par l’évolution du siècle, les aristocrates. Pour ce faire, il a exploré un genre de narration peu usité à l’époque, le roman judiciaire comme il le nomme lui-même. Roman judiciaire qui ressemble à s’y méprendre à nos romans policiers contemporains… Gaboriau serait donc un précurseur, pas un inventeur, ayant emprunté un chemin déjà proposé par Edgar Allan Poe et son chevalier Dupin ou encore par Paul Feval, mentor de notre Emile, et avec lequel il avait collaboré (en tant que nègre) pour Jean Diable, un roman mettant déjà en scène un enquêteur aux méthodes scientifiques, comme je l’ai dit précédemment…

 

J’ai apprécié la lecture des romans de Gaboriau, des romans à rebondissements puisque d’abord publiés en feuilleton, et aux personnages fouillés. Il y a un travail littéraire indéniable sous la plume de l’écrivain. Je vais me pencher sur ses œuvres dans pas longtemps, à partir de L’affaire Lerouge, ses écrits précédents relevant plutôt de la chronique satirique…

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 17:51

J’entame aujourd’hui le parcours de l’œuvre d’un nouvel auteur. Nouveau sur le blog, mais plutôt ancien en ce qui concerne la littérature… On pourrait le considérer comme un successeur de Poe. Un de ses lecteurs ayant pris la plume.

 

Bien qu’ayant sévi au XIXème siècle, Emile Gaboriau n’est pas absent de la toile. Il n’y a pas une grande place mais sa présence atteste d'un intérêt encore actuel.

La reconnaissance dont il jouit est confirmé par les honneurs dont il fait l’objet sur l’encyclopédie en ligne et collaborative, Wikipédia, point de départ éventuel connaître un peu mieux le bonhomme. D’autres sites parlent de ce romancier feuilletoniste, considéré comme l’un des pères du roman policier. Notamment du roman policier français. Le site Lisons.info lui consacre une petite biographie. 13ème rue se fend d’un dossier sur cet écrivain de littérature populaire, dossier en plusieurs pages évoquant son parcours, des débuts comme nègre de Paul Féval, qu’il considérera comme son mentor et avec lequel il collabore notamment pour l’écriture de Jean Diable, roman mettant en scène un enquêteur aux méthodes quasiment scientifiques, aux publications posthumes en passant par ses lectures de Poe. André Bourgeois en parle également su son site au travers d’une biographie et du résumé de quelques uns de ses ouvrages, il avoue même être surpris du peu de notoriété d’un tel écrivain.

Pour évoquer son parcours géographique, deux sites peuvent être relevé, celui de Terres d’écrivains qui se met dans leurs pas, notamment dans ceux de Gaboriau, et celui de la mairie du 17ème arrondissement de Paris qui évoque son passage rue de l’Hôtel de Ville devenue rue des Batignolles, quartier où il a situé l’un de ses romans ayant traversé le temps, Le petit vieux des Batignolles. Pour compléter ce parcours autour de sa notoriété, le site La France pittoresque s’inspire d’un article de 1930 du Petit Journal, dans lequel a sévi Gaboriau, pour se demander si l’écrivain français n’est pas le véritable père de Sherlock Holmes.

Pour lire Emile Gaboriau, il est possible d’acheter ses bouquins en librairie, quelques uns d’entre eux ayant fait l’objet de rééditions plus ou moins récentes, mais ses œuvres étant désormais dans le domaine public, elles sont accessibles gratuitement. In libro veritas, vous en propose quelques uns, Ebooks libres et gratuits fait de même, les mettant à disposition sous plusieurs formats, Feedbooks n’est pas en reste, les proposant même en version anglaise si besoin est.

 

Pour en finir avec ce tour d’horizon, j’ai gardé le meilleur pour la fin, deux sites qui méritent qu’on s’y attarde, pas seulement pour Gaboriau. Tout d’abord k-libre qui consacre à l’auteur une page et quelques autres sur certains de ses bouquins. Ensuite, Roman populaire qui lui fait tout naturellement une place et replace ses œuvres dans le genre auquel il se consacre…

 

Désormais, Emile Gaboriau n’est plus un étranger, on connait son parcours, de sa naissance en Charente Maritime à sa mort à Paris en passant par les petits métiers qu’il a exercé avant de se lancer dans la littérature, d’abord comme nègre de Paul Féval puis seul, l’arrivée de la notoriété avec la publication de L’affaire Lerouge puis sa collaboration avec Le Petit Journal

 

J’évoquerai prochainement ma lecture de ses romans, sur liseuse, avant de me consacrer à chacun d’entre eux

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